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Science et Energie aux Houches 2012 – Conclusion et perspectives

François Daviaud

Service de Physique de l'Etat Condensé, CEA Saclay

Hervé Bercégol

Direction des Sciences de la Matière, CEA Saclay

Christophe Goupil

Ecole Nationale Supérieure d'Ingénieurs de Caen

Delphine Chareyron

Article de conclusion produit lors du cycle de conférences "Les Rendez-vous Science et Energie: la ressource solaire", organisé à l'Ecole de Physique Les Houches du 1er au 6 avril 2012.

14/05/2013

Résumé

Cet article présente la conclusion du cycle de conférences "Les Rendez-vous Science et Energie: la ressource solaire".


Conclusion et perspectives : 

Des champignons filamenteux aux réseaux de distribution électriques, de la photosynthèse, naturelle ou artificielle, matière capturant l’énergie, à la lumière solaire, énergie issue de la matière, l’énergie apparait comme un concept multiforme et ubiquitaire que l’on retrouve à toutes les échelles et tous les ordres de grandeur.

Grandeur fondamentale, l’énergie change de forme sans changer de quantité, sa constance étant la marque de l’invariance des lois physiques dans le temps. À l’échelle des hommes comme à celle de l’univers, l’énergie est pourtant indissolublement liée à l’entropie, laquelle ne peut que croître pour un système isolé. Leur association se retrouve dans le sens commun du mot énergie, dont l’acception se rapproche plutôt de l’exergie, terme désignant la fraction d’énergie qu’un système peut convertir en travail. Issue des travaux des ingénieurs, la Thermodynamique a dès le XIXème siècle résolu de nombreux problèmes appliqués tout en formalisant des questions fondamentales dont certaines restent encore aujourd’hui ouvertes. La dualité fondamental-appliqué que l’on rencontre dans l’étude de l’énergie, s’accompagne d’une forte interdisciplinarité, elle-même nourrie par les avancées disciplinaires, tant dans les sciences de la nature que dans les sciences humaines et sociales.

Il apparait donc indispensable de s’investir sur le langage, dans un dialogue entre recherche de pointe et grand public, et sur le rapprochement entre les différentes communautés scientifiques. Pour autant, cette communication ne va pas de soi et nécessite un effort constant de traduction et d’adaptation. Ce travail a déjà commencé entre la climatologie et la physique des systèmes complexes, ou encore entre la science des matériaux, ancrée dans les nanosciences et les nanotechnologies, et l’approche biologique de l’énergie. Il s’agit de maintenir ce dialogue, le nourrir, et l’accompagner dans son développement.

On remarquera que la problématique énergie-climat se doit d’être étudiée sur des périodes longues pour être comprise ; c’est également sur la durée qu’il faut envisager les solutions aux crises environnementales et énergétiques. Entre catastrophisme et « business as usual », il convient donc de poser une réflexion fondée et argumentée, sans céder à l’agitation de l’urgence ni aux certitudes actuelles, afin de construire le monde énergétique de demain.

Si la durée importe pour assurer la sérénité du travail, l’espace requis est tout aussi important. Il est d’abord primordial de développer, en parallèle de la recherche technologique indispensable pour répondre aux problèmes actuels, une recherche fondamentale pluridisciplinaire sur l’énergie, pour explorer de nouveaux espaces. De plus, à l’échelle du système planétaire global, il est nécessaire de formaliser l’existence d’un GIEE, Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Étude de l’Énergie, préfiguré par le Groupe de Travail III du GIEC et le récent rapport SRREN sur les sources d’énergie renouvelables et la correction du changement climatique. Cet organisme ouvert à tous aurait pour mission d’évaluer de façon méthodique et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les ressources et les besoins énergétiques de notre planète. En liaison étroite avec le GIEC, il pourrait cerner les interactions énergie-climat et proposer différentes stratégies pour le futur.

Enfin, pour que la démarche scientifique pluridisciplinaire continue de porter ses fruits, l’enseignement du concept d’énergie doit faire l’objet d’une réflexion et d’un engagement de longue haleine. Si tous les publics sont concernés, il n’en demeure pas moins évident que l’attention doit tout particulièrement se porter en direction des jeunes générations, sous le regard responsable du monde politique et du grand public.